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RTX Spark : Nvidia lance ses portables à mémoire unifiée, ce qu’il faut savoir

Nvidia met en vente ce vendredi 16 octobre ses premiers PC portables RTX Spark. Pour la première fois, un processeur maison Grace et un GPU Blackwell partagent la même mémoire dans un portable Windows. Le pari est assumé : faire tourner sur un portable de grands modèles d’IA, de la 3D lourde et des jeux récents sans passer par le cloud.

En bref
  • Disponibilité des portables RTX Spark annoncée pour le 16 octobre par Nvidia et Microsoft.
  • Jusqu’à 20 cœurs CPU Grace, un GPU Blackwell de 6 144 cœurs et jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée.
  • Six machines présentées : ASUS, Dell, HP, Lenovo, Microsoft et MSI.
  • Aucun prix en euros ni calendrier français précis à ce stade.

Qu’est-ce que RTX Spark, concrètement ? #

RTX Spark n’est pas une carte graphique de plus. C’est une puce complète, un « superchip » dans le vocabulaire de Nvidia, qui réunit sur le même boîtier un processeur et un GPU. Le processeur est un Grace, une puce à architecture Arm que Nvidia utilisait jusqu’ici dans ses serveurs. Le GPU reprend l’architecture Blackwell des GeForce RTX 50.

D’après la page produit officielle, la version la plus musclée aligne un CPU Grace de 20 cœurs et un GPU Blackwell de 6 144 cœurs, avec jusqu’à 128 Go de LPDDR5X. Nvidia annonce jusqu’à 1 pétaflop de calcul IA en précision FP4. Une déclinaison plus modeste existe aussi, avec un GPU de 5 120 cœurs, un CPU de 18 cœurs et jusqu’à 64 Go de mémoire.

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Pourquoi la mémoire unifiée change la donne

Sur un portable de jeu classique, le GPU dispose de sa propre mémoire vidéo, souvent 8 à 16 Go, séparée de la mémoire vive du système. Dès qu’un modèle d’IA ou une scène 3D dépasse cette enveloppe, tout ralentit ou plante.

Avec RTX Spark, CPU et GPU puisent dans le même réservoir. Les 128 Go sont accessibles au GPU sans copie d’un côté à l’autre. Nvidia affirme ainsi pouvoir faire tourner en local des modèles de langage jusqu’à 120 milliards de paramètres. C’est le même principe que les puces M d’Apple, mais avec l’écosystème CUDA, que la plupart des outils d’IA utilisent déjà.

Quels portables sont annoncés ? #

La page produit de Nvidia présente six machines de créateurs : l’ASUS ProArt P16, le Dell XPS 16, le HP OmniBook Ultra 16, le Lenovo Pro 9n, le Microsoft Surface Laptop Ultra et le MSI Prestige N16 Flip AI+. Ce ne sont pas des machines de joueurs aux lignes agressives, mais des portables fins destinés à la création et au développement.

Le blog officiel de Nvidia l’écrit sans détour le 13 octobre : Nvidia et Microsoft annoncent que les portables RTX Spark seront disponibles le vendredi 16 octobre. Des soirées de lancement se tiennent le même jour à Taipei, Séoul, Pékin, Istanbul, San Francisco et Berlin. Charles Tech, dans son analyse du 14 octobre, signale des mini-PC prévus en novembre et souligne qu’aucun calendrier français n’apparaît dans les documents consultés.

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Et le prix ?

Nvidia ne communique aucun tarif, et les fabricants n’ont pas encore publié de prix en euros pour la France. Une machine dotée de 128 Go de mémoire unifiée ne jouera évidemment pas dans la catégorie des portables d’entrée de gamme. Le plus prudent reste d’attendre les fiches des revendeurs français, qui préciseront aussi la quantité de mémoire de chaque référence.

Windows sur Arm : le vrai point de vigilance #

Le processeur Grace étant un Arm, ces portables tournent sous Windows 11 sur Arm, comme les PC équipés de puces Snapdragon. Les applications compilées pour x86 passent par une couche d’émulation, avec un coût en performances variable selon les logiciels.

Nvidia a visiblement préparé le terrain. Son blog indique que 97 % des 15 000 paquets Python les plus utilisés sont prêts pour Windows sur Arm, que PyTorch fonctionne avec CUDA sur cette plateforme et qu’un installateur Conda natif propose plus de 2 000 paquets. Pour un développeur IA, c’est l’argument central : l’outillage habituel fonctionne nativement.

Côté création, Adobe annonce jusqu’à deux fois plus de rapidité sur les fonctions IA, le montage, l’étalonnage et les effets. Ces optimisations sont en bêta dans Photoshop et Premiere, et les mises à jour de Substance 3D arrivent « bientôt ». Il s’agit de chiffres du constructeur, à confirmer par des tests indépendants.

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Peut-on vraiment jouer dessus ? #

Nvidia promet des centaines de jeux compatibles dès le lancement, avec ray tracing, DLSS et Reflex. Parmi les titres cités figurent Cyberpunk 2077, Fortnite, Marvel Rivals et World of Warcraft. Le constructeur dit aussi travailler avec les éditeurs de solutions anti-triche, l’un des points faibles historiques de Windows sur Arm pour le jeu en ligne.

Le blog de Nvidia annonce en outre un nouveau modèle DLSS 5 deux fois plus rapide, qui augmenterait le nombre d’images par seconde jusqu’à 1,4 fois. Là encore, il faudra attendre les premiers bancs d’essai pour savoir ce que ces portables valent face à un PC de jeu équipé d’une RTX 50 classique.

L’IA locale au cœur de l’offre #

En parallèle du lancement, Nvidia a publié le 15 octobre Nemotron 3.5 Bolt 74B, un modèle ouvert de 74 milliards de paramètres dont 9 milliards actifs, compressé en 2 bits pour tenir dans 24 Go. L’idée est claire : montrer qu’un assistant capable tourne entièrement sur la machine. Le blog relève aussi que les téléchargements de modèles d’IA locaux ont été multipliés par cinq par rapport à l’ensemble de l’année dernière.

Attention toutefois à une nuance : un agent installé localement peut toujours appeler des services en ligne. Exécuter un modèle sur son portable ne garantit pas, à lui seul, qu’aucune donnée ne quitte la machine. Il faut vérifier les réglages de chaque application.

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Notre avis avant les tests #

Sur le papier, RTX Spark est la proposition la plus ambitieuse vue depuis longtemps dans le portable Windows : une mémoire unifiée de taille serveur, CUDA en natif et un vrai soutien logiciel au lancement. Elle s’adresse d’abord aux développeurs IA, aux graphistes 3D et aux monteurs vidéo qui butent aujourd’hui sur la mémoire vidéo de leur GPU.

Pour un joueur pur, rien ne presse : la compatibilité des jeux sous Arm, l’autonomie réelle et le prix restent à mesurer. Nous attendrons les premiers tests complets et les tarifs français avant de recommander une machine plutôt qu’une autre.

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